Plus de 1800 dirigeants interrogés dans tous les secteurs… En septembre 2017, Bpifrance a présenté son étude sur la transformation digitale des PME et ETI, et établi un panorama riche et documenté de la situation. L’étude fait le choix d’orienter ses questions sur les pratiques d’innovation à l’échelle managériale et organisationnelle – une méthode pertinente car on sait bien que les clefs de la transformation digitale se trouvent dans les convictions individuelles et la stratégie de l’entreprise, plutôt que son niveau d’équipement actuel.

Quelques constats s’imposent.

Quels sont les freins en interne ?

  • Le premier frein à la digitalisation est la complexité du sujet. 34% des dirigeants l’identifient comme étant le frein le plus important, suivi par le manque de compétences en interne (32%) et de moyens financiers (28%).
  • Vient ensuite la non-nécessité d’une telle transformation : 20% pensent que ce n’est pas le moment pour l’entreprise, 12% ne s’intéressent pas au sujet. Or attention : sa nécessité n’est pas discutable : il faut s’engager. Et, même si la complexité est une réalité de la digitalisation, il est possible de s’en affranchir en mettant en place une progression jalonnée, avec des objectifs accessibles et bien identifiées.

Quelle maturité digitale pour mon entreprise ?

  • Bpifrance établit 3 profils de dirigeants par rapport à leur maturité digitale : les sceptiques qui ne croient pas en la révolution digitale (38%), les apprentis qui ont déjà entamé leur transformation (52%) et les conquérants, déjà pleinement engagés dans le processus (10%).
  • Il y a une corrélation claire entre la dynamique du chiffre d’affaire et la maturité d’une entreprise. C’est pourquoi la prise de conscience doit être immédiate et la mise en œuvre rapide pour les entreprises dont l’activité stagne ou régresse. La transformation digitale est la clef du regain de croissance.

Quels projets pour se lancer ?

  • C’est d’abord l’enrichissement de l’offre – que seulement 23% ont endossé – qui permet de se lancer.
  • 73% au moins sont dans une démarche de rattrapage quand il s’agit de migrer vers le Cloud, développer une appli ou bien passer à la vente en ligne.
  • 39% des dirigeants disent être engagés dans la collecte et l’exploitation de données. Si le chiffre ne semble pas alarmant, il reste faible.

Alors que faire pour initier la transformation digitale ?

  • Même si 55% des dirigeants ont une « vision » de la transformation digitale de leur entreprise, ils sont 63% à ne pas avoir de feuille de route claire pour la mener
  • Un des premiers écueils au démarrage est qu’une bonne partie (61%) des dirigeants ne favorisent pas ou peu le travail en mode projet. Seulement 14% utilisent fortement des outils de travail collaboratif en interne.
  • Tous les secteurs n’en sont pas au même stade. Les secteurs du commerce, du tourisme et des services sont le plus avance dans la mise en place des nouveaux outils et dans la transformation de leur organisation.
  • Un chiffre pourtant augure de bonnes perspectives : ils sont 57% à avoir compris l’importance d’associer le client à la conception de l’offre produits & services.

Pour s’émanciper du scepticisme à l’égard de la réussite qu’apporte la transformation digitale, il faut imaginer de nouveaux indices de performance. Ceux-ci diffèrent selon les secteurs, et selon les projets. Dans le e-commerce, il faut par exemple accorder une importance toute particulière à son audience web, sa présence sur les réseaux sociaux, les taux d’engagement etc… Ailleurs, il s’agira plutôt de voir quelles marges de progression on a pu identifier à partir d’une analyse des données recueillies en production. Une bonne analyse de sa performance digitale est une opportunité à saisir pour convaincre la stratégie globale de l’entreprise de persévérer.