45% des PME n’ont pas encore de vision de leur transformation digitale. Soit. Mais il est alors temps de s’y mettre, résolument. Voici quelques raisons de sonner la mobilisation générale.

D’après une étude récente de Bpifrance, 73% des dirigeants sont en retard dans la digitalisation de leur entreprise. Ils n’ont mis en place aucune action, ou bien ont engagé « modérément » des mesures telles qu’une migration vers le cloud, la création d’un canal de vente en ligne ou d’une application mobile, etc. Plus grave : 47% des dirigeants, pensent que l’impact du digital ne sera pas majeur à 5 ans. C’est en particulier dans l’industrie que cette conviction semble la plus forte. Or là, il faut tirer le signal d’alarme. A 5 ans, toutes les entreprises de France auront été touchées – ou auraient pu mieux faire par le digital. Toutes auront vu leurs concurrents s’internationaliser grâce au digital – ou bien améliorer leur performance opérationnelle et financière par des outils digitaux.

 

1 – Le digital touche l’intégralité du business model d’une entreprise

La digitalisation d’une entreprise permet de repenser son business model plus efficacement. Les PME et ETI en retard dans leur digitalisation doivent le considérer comme une opportunité de se repositionner sur leur chaîne de valeur. Les exemples sont parlants : la dématérialisation des ventes, la migration vers le cloud ou encore le développement d’une application mobile sont autant de leviers pour capter de la valeur par la distribution en direct, flexibiliser ses coûts, ou mieux connaître ses clients pour améliorer son retour sur investissement marketing. Le digital permet aussi de mieux servir ses clients en apportant davantage de services. C’est le choix qu’a fait Velum en personnalisant son parcours client. Spécialisée dans la vente de luminaires, cette entreprise du Bas-Rhin a développé un logiciel de gestion du parcours client connecté aux machines de production. Le client a ainsi la possibilité de customiser le système d’éclairage dont il a besoin pour ses locaux professionnels, sans ralentir la mise en production.

 

2 – La transformation digitale, c’est aussi une transformation de l’organisation et du modèle opérationnel

Dans un premier temps, effectuer cette transition requiert d’intégrer ou d’externaliser de nouveaux métiers. C’est par exemple l’intégration d’un data analyst pour fournir à la direction des bonnes clefs de compréhension sur l’usage de tel ou tel canal.

C’est aussi développer de nouvelles pratiques transverses au sein de chaque direction. Car la transformation digitale va aussi de pair avec de nouvelles habitudes de travail, davantage décloisonnées, qui bénéficient à tous les projets de l’entreprise. Elle est une opportunité pour faire travailler ensemble des directions qui Il faut adapter le rôle des directions parfois d’ignorent.

Tout cela doit être fait en organisant une gouvernance de cette transformation. Pas besoin de nommer dans tous les cas un Chief Digital Officer. Un bon pilotage peut suffire, avec un appui externe la plupart du temps. Certes, cela a un coût – mais le retour sur investissement est en général rapide, pour peu que les projets les plus créateurs de valeur soient ciblés dès le début de la démarche.

Toute transformation digitale est menée « sur mesure » : le choix des solutions et des technologies est propre à chaque entreprise, de même que l’accent à mettre sur tel projet ou que le rythme de l’ensemble. La transformation est un processus vivant. Les budgets eux aussi doivent être ajustés « en temps réel ». Les retours d’expérience et les évolutions de la performance sont les indicateurs qui montrent comment réallouer justement les ressources.

 

3 – Lancer sa transformation digitale oblige à s’interroger sur les vrais sujets

Quels sont les vrais leviers de croissance de l’entreprise ? Quels sont ceux qui sont inexploités ? Quels sont les actifs qui sont insuffisamment valorisés ? Que peuvent apporter des solutions technologiques ? Etc.

Lancer une transformation digitale oblige à faire un bilan, et à le confronter au potentiel nouveau offert par les outils digitaux. Cela vaut évidemment pour le marketing et la relation avec les clients. Cela vaut au plus haut point, pour les entreprises industrielles, autour de leur chaine de production. L’exploitation des données peut mettre en évidence des mines de productivité. Des solutions de traçabilité simple, à base de capteurs par exemple, permet de sécuriser l’exploitation. Cela vaut de façon transverse pour l’ensemble de données que produit l’entreprise. Cela vaut aussi pour les fonctions internes qui, toutes, peuvent gagner en efficacité.

Lancer une transformation digitale à grande échelle n’est une obligation pour une aucune entreprise. Mais ne pas prendre le temps d’y réfléchir et d’identifier des zones d’opportunité peut se révéler mortel. Tout se joue ensuite dans la bonne prise en compte des bénéfices à en tirer, des risques et des coûts associés. Se lancer sur quelques projets prioritaires peut largement suffire. De nombreux retours d’expérience sur tous les secteurs existent. Des ressources sont disponibles, aux alentours des entreprises (acteurs publics tels que Bpifrance, consultants privés, etc.), pour accompagner la démarche.  Chaque entreprise doit saisir cette chance aujourd’hui et ouvrir la réflexion sur la trajectoire à suivre.