La conquête du ciel est le prochain seuil qui sera franchi dans la mobilité. Les prototypes de taxis volants sont de plus en plus convaincants, et les entreprises du secteur commencent à convoiter ce modèle de transportation, de personnes et de marchandises, qui aura un impact fort sur la mobilité urbaine.

La course effrénée aux taxis volants

Mercredi 31 janvier 2018, le taxi volant « Vahana » développé par une filiale d’Airbus dans la Silicon Valley a décollé pendant 53 secondes, une performance prometteuse dans l’UAM (Urban Aerial Mobility). L’engin, à mi-chemin entre drone et voiture volante, est entièrement piloté automatiquement, décolle et atterrit à la verticale. Son autonomie serait d’environ 100 kilomètres. Airbus n’est clairement pas seul sur le marché et fait face à de nombreux concurrents. Bell Helicopter a développé une capsule qui ferait office de taxi volant. Fonctionnement sur le même principe que Vahana, ce « air taxi » présenté au CES de 2018 vient avec une myriade de gadget tech, des systèmes d’infodivertissement, des casques VR etc… Les spécificités techniques n’ont pas été clairement dévoilées. Le projet a été développé spécialement pour Uber, ce qui laisse penser que sa concrétisation est proche. A l’instar de la voiture autonome, les fabricants prévoient un développement plus rapide que ce que pense l’opinion publique. Au Web Summit 2017 de Lisbonne, Uber a annoncé des vols de démonstration d’ici 2020 et une possible commercialisation dès 2023. “I think it’s going to happen within the next 10 years” a annoncé le CEO de Uber le 22 janvier lors d’une conference à Munich.

Un marché porteur pour cette nouvelle mobilité urbaine

La société californienne Joby Aviation a levé récemment 100 millions de dollar grâce au soutien notamment de Toyota et Intel pour développer son taxi aérien « Joby S2 ». L’engin décolle et atterrit comme un hélicoptère, puis peut se mouvoir dans l’air comme un avion, grâce à 16 propulseurs électriques. Et ce n’est pas les seuls à s’intéresser à cela. Larry Page a investi plusieurs millions dans 2 startups du secteur : Kitty Hawk et Zee.Aero. Et il existe encore une dizaine de startups qui comptent bien faire de la mobilité aérienne une banalité. Mais comme pour toute innovation, la concurrence féroce du marché tend à favoriser les premiers entrants. En septembre dernier, Volocopter présentait à Dubaï « 2X », son multirotor électrique capable de transporter 2 passagers sur une vingtaine de kilomètres à moins d’une centaine de kilomètres par heure. Aujourd’hui seule la législation de Dubaï autorise ce genre de transportation, et ces élans favorables pourraient bien donner à la société allemande quelques longueurs d’avance, notamment car ayant pu éprouvé ses solutions dans la réalité. Et ce n’est pas le seul. Le chinois Ehang a réussi des tests bien plus prometteurs que ceux de Vahana, à ce jour. Son multirotor a en effet transporté deux personnes et effectué de nombreux tests dans des situations climatiques diverses, le tout avec succès. Baptisé Ehang 184, ce taxi volant devrait voler dès cet été à Dubaï.

Et après : la smart city

 Si les projets voitures volantes se concrétisent c’est que les bénéfices à en tirer sont immenses. Premièrement, en empruntant les airs, les temps de transport se verraient considérablement réduits, un temps désormais employable au travail, au loisir, au repos etc…

C’est également le moyen de désengorger les villes qui souffrent des embouteillages, au même titre que le fera sans doute la voiture autonome. Pour rappel, un bouchon coûte environ 10 euros de l’heure, soit 17 milliards d’euro par an en France. Singapour veut entreprendre des démarches pour réduire significativement les émissions de CO2 et en finir avec les problèmes d’embouteillage. C’est pourquoi le ministre des transports a dit en mars 2017 qu’il envisageait de faire des tests de taxis volants et a choisi Airbus pour cela. Pour s’implanter efficacement, il restera encore à négocier des accords avec les régulations aériennes locales, des processus déjà enclenchés à Singapour.