Anticiper, s’inspirer, se renouveler… Les entreprises ont toutes compris dans les dernières années que l’ouverture était la clé de leur résilience. Le terme d’  » Open Innovation  » a fleuri dans toutes les bouches, et dans toutes les présentations corporate. A un point excessif bien souvent. Aujourd’hui, le temps de l’ouverture tous azimuts est derrière nous, et le discours a changé. Il est urgent de démontrer que l’  » Open Innovation  » peut aboutir à des résultats tangibles, pas simplement à des considérations sur la « culture startup » ou la « disruption » des marchés.

Certes, la disruption menace tous les secteurs, et toutes les entreprises. Les plus grandes l’ont vécu récemment et ne l’ont pas toujours vu venir : hôtellerie, services financiers, transports… Toutes ont été bousculées par l’offre de nouveaux entrants qui changent la donne sur les marchés, et font beaucoup avec peu de moyens. Les plus petites entreprises, les PME, le savent depuis toujours – elles qui se confrontent depuis longtemps à des concurrents à l’international, capables de localiser leurs capacités de production dans les pays les plus avantageux notamment.

Et pour réagir efficacement, les entreprises ont toutes bien compris que l’ouverture était essentielle :

  • L’ouverture aux écosystèmes, car la reconfiguration de la chaîne de valeur recèle souvent des pistes de d‘innovation conséquentes ;
  • L’ouverture aux start-ups, sources d’inspiration et de compléments de l’offre ;
  • L’ouverture aux technologies nouvelles, qui peuvent conforter la profitabilité de l’entreprise ;
  • L’ouverture aux idées de tous horizons, en particulier celles de vos salariés ;
  • L’ouverture à toutes les énergies, celles de partenaires externes et celles de vos intrapreneurs. 90% des entreprises disent avoir un système d’Open Innovation.

Mais qu’en ressort-il aujourd’hui ?

Il y a eu plusieurs vagues dans l’ Open Innovation.

Le premier degré, c’est la veille : savoir ce qui se fait, savoir comment les technologies évoluent, comprendre quelles seront les attentes de demain.

Le deuxième niveau, c’est l’inspiration : quelles offres faire évoluer, comment modifier notre business model ?

Le troisième niveau, c’est l’action : que construire en partenariat avec d’autres acteurs, comment créer des synergies ? C’est bien celui-là qui nous intéresse et crée de la valeur.

L’Open Innovation a connu plusieurs phases, et elle a radicalement changé dans les dernières années. Dans la recherche, elle était considérée comme assez naturelle. Mais du côté business, les grandes entreprises se sont  contentées d’observer, de rencontrer, de s’extasier sur le système des startups pendant longtemps.

Publié en janvier 2016 déjà, un article de Taro Ugen soulignait avec humour et cruauté les ridicules de cette relation faite d’incompréhension et de fausses espérances. « Ne me parlez plus d’Open Innovation ! » – ainsi s’exclamait celui qui était alors Directeur des Opérations du Hub de bpifrance. Il y voyait défiler les grandes entreprises en frénésie de rencontres avec l’écosystème – conscientes des risques de déclassement sur leur chaîne de valeur.

La bonne nouvelle, c’est que plus personne ne parle d’ Open Innovation aujourd’hui. On parle de « projets mixtes » corporate – start-ups, et on s’interroge plus en entreprise sur le déploiement (le « scale-up ») que sur le succès du n-ième POC…

Fini le temps où l’on allait se promener dans les incubateurs pour sentir le vent vivifiant de la nouveauté et se frotter à ces jeunes gens si décalés, les « start-uppers ». Pourquoi ? Parce que la plupart des entreprises font aujourd’hui de l’Open Innovation de façon encore maladroite, mais beaucoup plus pragmatique que par le passé. Dans presque toutes les entreprises, on est sorti du phénomène de mode, on est entré dans l’ère de l’action. On est enfin persuadé que ce n’est pas en étudiant des business models agiles ou en fréquentant des incubateurs qu’on va créer de la valeur et lancer les offres de demain.

Aujourd’hui, entreprises et start-ups se fréquentent avec l’idée de mettre en place des projets concrets, et c’est sur cet axe que nous les aidons à trouver les bons équilibres. Le chemin n’est pas simple. Les obstacles se nichent à toutes les étapes : timing, go-to-market, procédures d’achat (lisez ici le cas remarquable de Safran), propriété industrielle, etc. Mais ce qui a changé, c’est que toute démarche d’Open Innovation aujourd’hui vise la mise en place d’un nombre restreint de projets auxquels on est d’accord pour consacrer des budgets suffisants. Les sponsors restent à former, les chefs de projets doivent gagner en agilité. Mais on est enfin devenu plus sérieux au sujet de cette Open Innovation qui a tant fait rêver.
L’heure de la maturité ?

 

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