La Smart Health est caractérisée par l’accroissement de l’utilisation des objets connectés en santé qui viennent, en renfort du médicament, aider au traitement des patients.

Un consensus s’est établi au sein du monde la santé : face aux difficultés des grands laboratoires pharmaceutiques à sortir de nouvelles molécules et à poursuivre sur le chemin de l’innovation thérapeutique, les leviers principaux sont à trouver ailleurs. Dans la prévention, dans la détection, et dans le comportement du patient. Ces domaines ne relèvent pas simplement (ni même prioritairement) des acteurs pharma bien connus. Ils représentent des territoires d’innovation sur lesquels l’apport du digital, des services innovants, et des objets connectés est majeur.

Si on s’intéresse désormais au patient, c’est bien parce que la notion de maladie, et donc de soin a changé. L’intérêt de la prévention est aujourd’hui largement reconnu. La notion de maladie a également évolué : là où on traitait auparavant des affections, on prend aujourd’hui en charge des personnes. Le développement des maladies chroniques (diabète, pathologies cardiaques, cancers au long cours, atteintes respiratoires…) a changé la donne.

En réponse à ces problématiques émergentes, le développement des objets connectés tente d’apporter des solutions tangibles. D’autant plus tangibles qu’elles sont par nature entièrement personnalisées. Quelques cas d’application…

Prévention : le Wellness en renfort du Healthcare

La meilleure façon de ne pas être malade, c’est de rester en bonne santé. Il existe une multitude d’objets connectés qui agrègent des données sur l’utilisateur. Ceux-ci suivent ses paramètres vitaux, mais plus souvent les objets connectés en santé relèvent plutôt du domaine du suivi d’activité, du bien-être et du Wellness.

  • Premier champ visé : l’activité physique (le « fitness »). FitBit ou le Nike FuelBand sont deux « wearables » ou bracelets connectés qui observent l’activité journalière, ils fournissent des informations sur les calories brûlées, les distances parcourues, et fixent des objectifs. Reposant sur un système de récompense (« reward-based »), ils incitent l’utilisateur à embrasser un mode de vie plus actif et à bouger davantage.
  • Autre exemple : la nutrition. La société Slow Control développe une fourchette et un couteau qui ont pour but d’éviter les excès alimentaires. En analysant votre façon de manger et par un système d’alerte, ces couverts 2.0 veillent à ce que vous ne mangiez pas trop.
  • L’exposition au soleil est également un domaine où les objets « smart » permettent une prévention – du cancer de la peau essentiellement. Netatmo par exemple a lancé son bracelet connecté June : celui-ci mesure l’intensite du soleil, recommande l’utilisation de crème solaire, et anticipe sur la météo à venir.
  • Enfin le sommeil, aujourd’hui reconnu comme l’un des facteurs clés d’une vie saine, a été le dernier territoire d’exploration investi. La société Dreem propose aujourd’hui un bandeau qui aide son usager à trouver facilement le sommeil et à gérer ses cycles.

Tous ces différents objets s’inscrivent dans l’ère du « quantified self ». Analyser personnellement ses comportements, les quantifier et être coaché pour les modifier, est devenu une habitude pour tous ceux qui ont compris l’importance d’un mode de vie équilibré.

Diagnostic et monitoring : des outils de plus en plus fiables

Les objets connectés en santé peuvent également être destinés à anticiper la maladie, ou à suivre l’état de santé au cours d’une maladie chronique. Actifs ou passifs, Ils permettent un suivi des constantes médicales en continu ou à une fréquence choisie par l’utilisateur. Dispositifs « actifs », les tensiomètres connectés (comme celui de Nokia) sont aujourd’hui d’une utilisation simplissime. Ils permettent au patient de suivre lui-même sa tension artérielle – aussi facilement qu’il suit l’évolution de son poids sur une balance reliée à son smartphone. Du côté des objets connectés passifs, citons évidemment la Apple Watch : avec une précision de 97%, elle détecte les arythmies cardiaques annonciatrices d’une attaque. Au rang des dispositifs « passifs », citons également Bloomlife : ce capteur porté par les femmes enceintes en fin de grossesse mesure les contractions et détermine quand il est nécessaire de se rendre à l’hôpital.

Dans le cas de maladies déjà déclarées, certains objets aident au monitoring, à la surveillance. C’est le cas des procédés de « continuous glucose monitoring ». La société Dexcom développe ces petits capteurs placés sous la peau, qui indiquent de manière continue le niveau de glucose dans le sang. Les diabétiques étaient jusqu’alors contraints de se piquer pour analyser leur sang, sans avoir de mesure en continu. Désormais, les utilisateurs peuvent immédiatement et efficacement réagir aux variations du niveau de glucose. Similairement, les pacemakers peuvent être équipés de capteurs, comme ceux développés par Medtronic, qui indiquent les comportements anormaux du cœur. Ainsi, le patient envoie de manière ininterrompue des données à une clinique ou à un hôpital, permettant, ici encore, d’intervenir rapidement et efficacement dans le cas d’une irrégularité.

Très clairement, ce suivi permanent des données médicales permet de personnaliser les traitements, ou d’anticiper les urgences. L’efficacité des médicaments en est drastiquement améliorée.

Observance : la vraie clé pour augmenter l’efficacité du médicament

Tous les systèmes de santé du monde sont perpétuellement en train de jauger l’efficacité des médicaments, remboursés sur la base de bénéfices prouvés et démontrés. Or cette évaluation est battue en brèche par un chiffre impressionnant : en France, 25% des médicaments prescrits par les médecins ne seraient jamais consommés par les patients. Autant dire que la prise régulière des médicaments est le levier majeur pour rendre les traitements plus performants – et permettre aux grands acteurs de la pharmacie de rester au cœur des systèmes de santé.

C’est à ce sujet que s’attaque par exemple Tricella, qui a inventé la « smart-pillbox ». Ce pilulier intelligent permet de notifier un patient ainsi que ses proches si les médicaments ont bien été consommés ou non. L’observance est en effet critique pour des personnes souffrant de maladies chroniques ou dégénératives ; cela impacte directement la qualité du traitement, et implique bien souvent une prise en charge plus lourde, plus coûteuse, et plus longue.