Dans le domaine du diagnostic médical, l’Intelligence Artificielle commence déjà à bouleverser les pratiques et à produire des résultats impressionnants. Son potentiel est prouvé de multiples manières. Cancer du poumon, mélanome, interprétation de clichés de lésions cérébrales, arythmies cardiaques… Le grand débat : l’Intelligence Artificielle va-t-elle bientôt remplacer le médecin ?

Si on essaie de se rassurer en disant que l’Intelligence Artificielle n’est pour l’instant que complémentaire au regard du médecin, qu’on ne se trompe pas. Rapidement, grâce au Deep Learning, la machine va dépasser l’homme. En dermatologie déjà, les algorithmes qui analysent les images de mélanomes atteignent une précision de 91% par rapport à celle des meilleurs spécialistes. Et le rythme de progression est impressionnant. En 6 mois, PathAI, start-up spécialisée dans la détection du cancer du sein, fondée par deux chercheurs du MIT et de Harvard, a fait passer son taux d’erreur de 7,5% à un niveau inférieur à celui constaté chez le meilleur des praticiens (3,5%).

Du chemin reste à faire. Le Machine Learning exige d’avoir accès en continu à un nombre conséquent de données pour gagner en pertinence. Sans le concours des médecins eux-mêmes, pas d’amélioration de la détection assistée par ordinateur. Mais tous s’accordent sur ce point : l’IA ouvre la voie à un diagnostic extrêmement fiable et précoce.

Sans parler de son coût à terme très faible qui en fait un levier puissant pour démocratiser l’accès au soin sur les terrains défavorisés.

Le Human Diagnosis Project (Human Dx) utilise à la fois le crowdsourcing et l’Intelligence Artificielle pour confirmer ou affiner le diagnostic posé par des médecins auprès de leurs patients. Le généraliste utilise une app pour transmettre des photos, description des symptômes et premières hypothèses à un réseau mondial de spécialistes dans 70 pays ; l’Intelligence Artificielle analyse les réponses et formule un diagnostic plus élaboré.

Alors, l’IA va-t-elle remplacer le médecin ? Sur l’analyse de données objectives (images, tracés de mesures, données quantifiées, etc.), oui, sans aucun doute. Dans la relation de soin, le choix du traitement, l’accompagnement : jamais.

 

Deux domaines émergent : celui de la pure technicité, où une Intelligence Artificielle rendra des décisions processées par des machines ; et celui des choses « humaines » (médecine, justice, etc.), où le jugement et l’interaction resteront irremplaçables pour expliquer, rassurer, accompagner les recommandations de l’IA.

 

90,2% C’est le taux de bons diagnostics réalisés par Babylon Health et son Intelligence Artificielle (contre 77,5% pour les médecins – lors d’un test mené par l’entreprise)

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