2017 – la tendance de l’Open Innovation s’installait. 2018 – on va attendre les premières retombées des partenariats ou création de startups initiés par les grands acteurs du luxe. Ce qui est certain, c’est que la notion d’écosystème change : les fournisseurs traditionnels ont été la cible d’attentions importantes dans les dernières années – avec une volonté de pérenniser les savoirs-faire artisanaux de la couture, de l’horlogerie, de la joaillerie. Aujourd’hui, les startups et les créateurs en tout démarrage sont à l’honneur.

Impliquer les jeunes créatifs dans le luxe grâce à l’Open Innovation

Il y a bien sûr les initiatives tournées vers les talents créatifs. LVMH avait déjà mené des actions depuis longtemps dans le sens de l’Open Innovation, avec son Prix pour les Jeunes Créateurs de Mode, lancé en 2014. Doté de 300 000 euros, ouvrant un accès facilité aux experts du Groupe sur les sujets d’image et de communication, de production, de distribution, il s’agissait là d’une rampe de lancement unique pour les maisons en démarrage. Mais en février 2017, le Groupe a fait un nouveau pas et lancé un fond de Corporate Venture de 50 millions d’euros : celui-ci vise de prendre des parts minoritaires dans de jeunes maisons de créateurs prometteuses – sans forcément rechercher de synergies avec le reste du Groupe. Aux côtés des grandes maisons, ce sont maintenant ce sont les distributeurs qui s’y mettent. Si Yoox soutenait depuis 2011 les jeunes stylistes, Asos et Nordstrom lui ont emboîté le pas, avec ASOS Fashion Discovery et TheLab. Asos propose ainsi aux lauréats de son concours de les distribuer pendant 2 saisons, d’investir 50k£ dans leur marque, et de bénéficier d’un coaching de la part d’experts sur des sujets variés allant de la Supply Chain au pricing. L’objectif est de bénéficier du caractère d’exclusivité de marques encore confidentielles, et de démontrer que l’enseigne est à l’écoute des tendances.

Des startups technologiques pour accélérer le secteur du fashion retail

Mais le phénomène le plus saillant est l’accélération des initiatives vers les startups technologiques. Le même Asos s’est associé à l’accélérateur Wayra au Royaume-Uni pour détecter et possiblement bénéficier de solutions autour de la relation-client, mais aussi des wearables et de l’impression 3D. Action.ai (solution de chatbots), Wishround (plateforme de e-gifting), ou Xpreso (livraison temps réel géolocalisée) font partie des premiers sélectionnés. LVMH a amplifié sont partenariat avec VivaTech, identifié 32 startups cette année, et récompensé Heuritech (prédiction de tendances à partir de l’analyse des réseaux sociaux) comme la plus innovante d’entre elles. Sur la thématique très particulière du développement durable, Kering s’est associé avec Plug & Play pour son programme « Fashion for Good”. Par promotions de dix, des startups proposeront des solutions limitant l’impact de l’industrie textile sur la consommation d’eau, d’énergie, de produits chimiques, de matériaux polluants, ou favorisant des modes de production responsables. Colorifix (biologie de synthèse appliquée à la teinture de textiles), Eon.ID (solution IoT pour le recyclage de textiles), Nature Coatings (bio-pigment issus du bois) ou A Transparent Company (solution blockchain de certification de la Supply Chain) font partie de la deuxième promotion.

Perspective nouvelle : celle de L’Oréal avec son accélérateur dédié à la beauté récemment lancé avec Station F. Il regroupera des nouvelles marques indépendantes (maquillage, soin, parfums), des startups technologiques dans la réalité augmentée, la réalité virtuelle, l’intelligence artificielle, les appareils connectés, le diagnostic, les plateformes de services, etc. LVMH se joint également à la tendance et dévoile son programme « La Maison Des Startups ». Le groupe compte mettre à disposition, à la Station F, 89 postes de travail.

Faire converger des technologies « génériques » et les caractéristiques propres au luxe : excellence, exclusivité, service personnalisé. Il ne suffit pas d’acculturer les maisons au digital. Il faudra susciter l’émergence de solutions « pensées » pour ces marques si particulières.

 

50 millions d’euros , c’est le montant du fonds LVMH Luxury Ventures lancé en février 2017

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