Du 6 au 10 novembre, Lisbonne accueille le Web Summit, événement mondial qui rassemble les innovateurs du digital, les startups, les corporates de tous secteurs, les créatifs, et tous ceux qui pensent notre futur. Si cet événement a toute sa logique pour la capitale du Portugal, c’est bien parce qu’il résonne avec un développement impressionnant de l’écosystème digital.

Car à Lisbonne, depuis quelques années, les startups fleurissent. En peu de temps, le pays a conquis la 4ème place européenne en nombre de startups accélérées, derrière la France (123, pour 212 en France). De véritables stars sont nées, comme Farfetch (vente en ligne de de vêtements de luxe), Aptoide, Feedzai (Intelligence Artificielle de lutte contre la fraude) ou Uniplaces (plateforme dédiée au logement étudiant).

Le programme lancé par le gouvernement (200 millions d’euros à investir dans les nouvelles entreprises) bénéficie à des créateurs venus de tous horizons. Avec une politique fiscale très incitative, le Portugal voit revenir en masse les expatriés et entrepreneurs ; des entreprises du digital de taille conséquente s’y implantent, avec des équipes de plus de 100 personnes parfois.

Petite promenade avec Beta-i, l’un des piliers de la scène innovante lisboète, qui s’est donné comme mission d’aider au développement de l’écosystème et des startups.

 

Beta-i, pivot de l’écosystème

Locaux de Beta-iBeta-i est à la fois un agitateur, un accélérateur, un investisseur, un partenaire pour les corporates et un organisateur d’événements.  Son rôle premier, en 2009, a été d’animer la communauté des startups en les rassemblant, en facilitant l’échange entre créateurs, en organisant des week ends. Mais très vite, Beta-i s’est donné d’autres missions.

Aujourd’hui, l’équipe de 20 personnes gère des événements majeurs, comme le Lisbon challenge, où les startups sont sélectionnées après un bootcamp d’une semaine pour décrocher une place dans le programme d’accélération réservé à 8 d’entre elles. 10 semaines pour décoller, 10 000 euros pour démarrer, en contrepartie d’une prise de participation mineure (2%). La recette a réussi à plusieurs d’entre elles. Beta-i gère un fonds de 8 millions d’euros, et s’apprête à passer à l’échelle supérieure pour sa prochaine levée. Autres événements, le Lisbon Investment Summit, qui voit chaque année 400 à 600 startups pitcher devant les VC, le Pixel Camps ou le Lisbon Tourism Summit.

Du côté des corporates, Beta-i leur organise des programmes d’open innovation ciblés, allant jusqu’au lancement de projets pilotes. Les clients sont nombreux : Fosun, SIPS, Nestlé, Novartis, Airbus…

Beta-i n’est pas le seul acteur à jouer ce rôle pivot dans l’écosystème. Startup Lisboa, bien sûr, mais aussi Second Home, Factory ou Impact Hub sont présents également. Mais comme l’équipe connaît le monde des startups lisboètes comme sa poche, nous lui avons demandé de nous présenter quelques entreprises.

 

Première étape : AptoideLocaux d'Aptoide

L’ambition est de taille : éviter à l’écosystème Android de se retrouver captif de Google, et permettre aux développeurs de poursuivre leur œuvre en open source en recevant les justes fruits de leur travail. Aptoide a créé une plateforme de distribution des applications en revenue-share pour les développeurs – à la différence des appstores classiques. Grâce à un système de suivi, Aptoide fournit également des informations clés sur la performance des applications. La solution permet aux développeurs de monétiser leurs apps en monnaies locales, partout dans le monde – en particulier dans les pays en développement. Aptoide gère aussi la relation avec les utilisateurs, anime des communautés, et organise la localisation des applications.

Prochain projet ? La création d’une monnaie virtuelle fondée sur la Blockchain, le Appcoin, utilisée par les utilisateurs pour leurs achats in-app, et pour rémunérer les développeurs. Avec une vision 360° et des services sur toute la chaîne de création-distribution-monétisation des applications, Aptoide est aujourd’hui un acteur innovant et puissant du monde Android.

 

Deuxième étape – Pure – The Hookup App

Captures d'écran de l'application The Hookup PlanChangement de monde pour cette deuxième étape. Pure est une app de mise en relation anonyme et éphémère pour ceux qui recherchent des rencontres amoureuses sans lendemain.

Pure est l’un des anciens incubés de Beta-i, sélectionné à l’issue du Lisbon Challenge à l’automne 2014. Rien ne prédestinait l’entreprise à s’implanter au Portugal. Roman, son fondateur, reconnaît que les incentives fiscaux ont joué un rôle majeur dans sa décision de rester sur place – malgré la difficulté parfois à obtenir des permis de travail pour ses salariés.

La startup ne développe pas spécifiquement son marché au Portugal. Aujourd’hui, Pure est surtout présent à Londres, Paris, Moscou et Saint-Petersbourg, et aux Etats-Unis New-York et San Francisco.

 

  • Troisième étape – BrightPixelImage de marque Bright Pixel

Dernière étape. BrightPixel est, lui aussi un accélérateur pour startups basées à Lisbonne ou à Porto. Créé depuis peu, il opère des labs qui lui permettent d’apporter une expertise très « tech » aux porteurs de projets.  C’est là sa différence. Et elle est largement reconnue, puisque BrightPixel a déjà levé un premier fonds d’investissement. BrightPixel accélère des projets qu’il internalise dans son incubateur, ou qu’il développe en partenariat avec des grandes entreprises. Plusieurs projets d’envergure ont déjà abouti : une solution Text-to-speech locale pour faciliter les achats en ligne en « apportant le supermarché dans votre cuisine », une interface de visualisation pour l’industrie du tourisme portugaise, une solution de Business Intelligence temps réel à partir des données des réseaux sociaux…