On parle beaucoup de l’ innovation des grandes entreprises. Des groupes comme Accor, Société Générale, Vinci, Sanofi, ou d’autres très grands acteurs sont effectivement à la pointe de la réflexion sur de nombreux sujets : Open innovation, intrapreneuriat, partenariats avec des start-ups, lancement de nouvelles offres, etc. Mais ne nous arrêtons pas là. L’ innovation est vivante, fourmillante à tous les degrés de l’échelle, des plus grandes aux plus petites entreprises – partout sur les territoires.

C’est vrai, c’est souvent chez les entreprises leaders qu’on retrouve bon nombre de bonnes pratiques en termes d’innovation, et il est toujours passionnant de voir comment chacun se réapproprie un sujet pour l’adapter à sa propre culture, ou à ses objectifs strictement business. De l’autre côté du spectre, on retrouve les startups, dont l’ innovation est la raison d’être puisqu’elles se sont fondées sur une proposition de valeur nouvelle sur leur marché. Et entre les deux ? On en parle bien moins, mais nombreuses sont les PME et ETI qui partout, de façon organisée ou diffuse, souvent de façon moins « visible », sont déjà en train d’innover.

Et pourtant, pour certains dirigeants, le préjugé est tenace. L’ innovation serait largement inaccessible à leur entreprise, la démarche serait réservée à des acteurs plus gros, plus riches, plus résilients – moins opérationnels. Parce que faire de l’ « innovation », ça coûte cher, c’est risqué, et puis ce n’est pas forcément nécessaire. La preuve : tout va bien pour l’instant, les clients sont contents, alors pourquoi aller se mettre en déséquilibre là où d’autres investissements seraient nécessaires pour accroître des capacités de production par exemple, ou embaucher d’autres commerciaux qui vendraient des solutions déjà reconnues sur le marché.

Certes, cela a son sens. Et il est clair qu’innover demande des moyens qui, à un moment donné, pourraient être plus judicieusement alloués ailleurs. Dans une PME ou un ETI , plus qu’ailleurs, tout est question de choix, de moment et de stratégie. Loin de nous l’idée de dire qu’innover est un impératif absolu, en toutes circonstances, sans discernement. Loin de nous surtout l’idée qu’il faudrait « faire de l’ innovation » sans vision d’un but à atteindre. Mais reposons quelques principes.

Non, se lancer dans l’ innovation n’est pas forcément risqué.

Soyons clair : le propre d’un projet d’innovation, c’est qu’on ne peut prédire en le lançant exactement où il va aboutir. Il peut même échouer. Mais il est toujours porteur d’un résultat, même négatif, dont surgissent des idées nouvelles, des réalisations de produits nouveaux pour l’entreprise, des propositions de valeurs inédites pour le marché, une meilleure compréhension des attentes ou des possibilités techniques de réalisation d’un produit ou d’un service. Et surtout, un projet d’innovation bien mené mesure toujours le risque (nous préférons parler d’engagement) à chaque étape pour qu’il soit possible de le minimiser. En passant par des phases de compréhension du marché, d’idéation, de test et de feed backs sur le terrain, en adoptant des méthodes de prototypage et de d’adaptation rapide, on va piloter au plus près sans rien perdre de la valeur d’ innovation du projet. C’est cela, l’ innovation agile. Et c’est la méthode que nous voyons se développer chez les entreprises, même petites, qui sont les plus efficaces dans leur processus d’innovation.

Non, entamer une démarche d’innovation n’est pas forcément coûteux.

De la même façon, un projet bien mené va privilégier des modes de réalisation à faible coût (l’impression 3D par exemple), engager au plus tôt des partenariats qui permettront de réduire les coûts pour l’entreprise (tout en identifiant des partenaires de valeur qui enrichiront l’offre). Certes, il faut un budget pour se lancer. Mais on est souvent étonné de voir ce qu’un même budget permet de tester aujourd’hui par rapport à ce qu’il autorisait comme développement produit il y a quelques années.

Oui, dans certaines circonstances, ne pas innover peut être mortel – et particulièrement pour les grosses PME et les ETI.

Votre entreprise est bien installée sur ses marchés, vos clients ont confiance et valorisent votre expertise. Mais quelque part, pas forcément en France, un concurrent (qui peut-être n’existe pas encore sur vos radars) et en train de préparer une nouvelle offre similaire. A un détail près : elle sera proposée beaucoup moins cher que la vôtre – grâce à une nouvelle technologie moins coûteuse, grâce à un business model différent, grâce à une production délocalisée… Ces situations sont fréquentes, il est possible de s’y préparer et de les voir venir. A condition de garder une attitude d’ouverture, à condition de savoir réagir vite et d’être capable de s’engager dans un projet d’ innovation au bon moment.

Une stratégie d’ innovation doit être adaptée à chaque entreprise. Elle ne remet pas tout en cause, elle se planifie et se met en musique en fonction des ressources disponibles. Et toutes les entreprises, grandes ou petites, à la pointe ou traditionnelles, peuvent se saisir de ce levier, chacune à sa façon.

Découvrir nos points de vue, les tendances de l’année, et quelques grands acteurs de l’écosystème : téléchargez notre Innovatys Book 2017/2018.