La voiture autonome est un sujet de recherche déjà ancien pour la plupart des entreprises du secteur. Mais si sa concrétisation semble aujourd’hui à portée de main, c’est grâce à un ensemble de circonstances très favorables, né de l’intrication de trois tendances qui créent un terrain propice à la disruption de la mobilité.

 

Intelligence artificielle et vision par ordinateur

La première raison est technique. Les avancées phénoménales de la vision assistée par ordinateur, du Machine Learning et des Predictive Analytics, ont permis de développer des intelligences capables d’identifier les objets sur la route, d’effectuer un mapping 3D de l’environnement, et surtout d’en déduire les orientations de conduite pour le véhicule.

C’est le développement de la vision par ordinateur qui permet en premier lieu au projet d’être tangible. Grâce au développement d’une myriade de nouvelles technologies, les voitures sont maintenant capables d’embarquer des outils capables d’identifier avec une grande précision la signalisation (panneaux, bandes signalétiques, etc.), et également tous les autres véhicules présents, les passants, les éléments à risques (poteaux, nids de poule, etc.).

C’est ensuite toute la capacité de calcul et les algorithmes les plus puissants qui peuvent en déduire des décisions pour le véhicule. Ces algorithmes, dynamiques et apprenants, intègrent à l’évidence des données d’environnement – mais également des données de psychologie pour par exemple anticiper le comportement parfois irrationnel d’humains sur la chaussée.

Le fait que ces capacités de détection et de calcul puissent être embarquées dans des capteurs et un ordinateur de bord est ce qui les rend opérantes dans 100% des cas.

Le grand argument de la voiture connectée aujourd’hui est qu’elle est moins susceptible d’erreurs que l’humain. Quand on sait que plus de 90% de accidents sont causés, au moins en partie, par des défaillances humaines (ivresse, somnolence téléphone, distraction, etc.), on comprend que la fiabilité de l’Intelligence Artificielle a beau jeu de se prétendre supérieure…

 

La voiture autonome, naturellement partagée

La deuxième raison est sociétale, c’est celle de l’uberisation du marché. En raison des prix élevés de la voiture autonome, pour pénétrer efficacement le marché, il lui faudra pencher pour un modèle d’économie collaborative – même si, bien entendu, certains l’acquerront personnellement. Son prix sera amorti grâce au modèle de « ride-sharing » (qui ne cesse de gagner du terrain dans la mobilité urbaine).

Le caractère autonome de la voiture en fera également le véhicule idéal pour passer de passager en passager, sans intervention humaine, de la manière parfaitement efficace à partir de calculs d’itinéraires optimisés.

La voiture autonome répond donc à l’envie nouvelle de se débarrasser du véhicule personnel, jugé trop coûteux et peu efficace par les urbains. Elle est moins pensée comme l’équivalent d’une voiture individuelle qui conduirait seule, que comme l’élément d’une future flotte destinée à révolutionner, dans les grandes dimensions, le transport urbain. C’est pourquoi sa propagation risque d’être plus rapide que ce que l’on pense : il suffira qu’un acteur sur le marché des VTC (Uber, Lyft, ou un nouvel entrant – Google par exemple…) l’adopte pour faire basculer abruptement les habitudes.

 

Voiture autonome = voiture électrique

Enfin, la voiture autonome, c’est un véhicule qui s’autogère et qui surfe sur la vague du « tout électrique ». La valeur ajoutée de cette voiture c’est bien évidemment son autonomie : son argument principal, c’est qu’elle rend la vie plus simple. Or la maintenance d’une voiture électrique n’a rien à voir en termes de simplicité et de coût avec celle d’une voiture à essence. Si l’on fait le pari que la voiture sera utilisée de manière collaborative, les bénéfices à faire en termes de maintenance sont inestimables. Avec une utilisation à très haute fréquence, nul doute que la rentabilité de la voiture autonome écrase celle d’une voiture à essence.

Ces trois tendances expliquent pourquoi la voiture autonome est au centre de toutes les attentions. Son essor risque de se produire à une allure exponentielle dans des espaces urbains qui n’attendent que son apparition, et sont déjà bien sensibilisés à l’économie du partage. Certes, la voiture autonome ne conquerra pas tous les territoires acquis à l’automobile. Mais la conduite urbaine en sera révolutionnée dès que, techniquement, les premiers modèles auront été éprouvés.

 

Inspiré de What happens chen self-driving happens, @nabeel