Vivre vieux, oui – mais en bonne santé. L’espérance de vie continue à progresser, mais les prochaines batailles se situent au-delà de 60 ans, à la fois sur la qualité de la vie et la longévité. Elles se mèneront sur le terrain thérapeutique, où la recherche affronte notamment les maladies neurodégénératives. Mais elles se joueront aussi sur le maintien en bonne santé des seniors, au domicile ou en établissement.

Dépendance et innovation semblent parfois contradictoires. Et pourtant… Un domaine nouveau s’ouvre pour des technologies qui peuvent identifier un trouble, stimuler, ou restaurer les fonctions, notamment cognitives. Tout commence par la détection d’un trouble qui s’installe, d’un ralentissement d’activité. Les solutions sont multiples, parfois semblables aux trackers bien connus – à ceci près qu’elles fonctionnent en mode « ouvert » : il ne s’agit plus d’apporter un feed-back à la personne âgée seulement, mais aussi à son entourage ou au personnel soignant. Reemo Health a lancé une montre connectée qui suit l’activité physique, le nombre de pas, les battements cardiaques, et la localisation. En fonction de paramètres personnalisés (absence de mouvement, ou sortie d’un périmètre géo-localisé), elle peut lancer l’alerte auprès d’un réseau de référents. A côté de ce type de wearables, l’habitat connecté offre lui aussi de nombreuses possibilités : détecteurs de mouvement, d’ouverture du frigo, de prise de médicaments placés dans un pilulier intelligent… Insistant sur l’anticipation, Carepredict utilise le Deep Learning pour analyser les comportements individuels et prédire les risques de chutes, d’infections urinaires, ou de dépression.


Dépendance et Innovation : les technologies aident à maintenir les seniors dans l’activité et contribuent au bien-vieillir.


Au-delà de la détection, c’est la stimulation qui est maintenant le principal champ d’innovation autour du vieillissement. Les jeux, les activités sociales, l’usage de l’ordinateur ont un effet « protecteur » sur la diminution des capacités cognitives. Dynseo a lancé Stim’Art Scarlett, une suite de jeux sur mobile adaptée aux seniors et aux patients Alzheimer, conçue avec des neuropsychologues. Ces jeux entraînent le langage, les réflexes et la mémoire ; mais ils correspondent aussi à une progression qui peut être mesurée dans une interface de monitoring, par un professionnel de santé par exemple.

La réalité virtuelle est également mise à contribution. Elle est de plus en plus utilisée pour le traitement des maladies mentales. Rendever l’utilise pour replonger les seniors dépendants dans le monde qu’ils ont quitté. Le voyage peut se faire seul, en revisitant les endroits fréquentés pendant l’enfance. La thérapie par la réminiscence a un effet démontré sur les aspects dépressifs de la maladie d’Alzheimer. Il peut aussi se faire à plusieurs, en proposant la même expérience de VR à plusieurs résidents d’un EPHAD : l’objectif est alors de stimuler les échanges et le lien social.

L’innovation autour du bien-vieillir est holistique par nature. Elle met la technologie, au service de la santé physique et psychique. Et plus qu’aucun autre domaine en santé, elle inclut une dimension d’innovation sociale, relationnelle, émotionnelle.

 

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